Si les vacances sont un droit, nombreux sont ceux qui en sont exclus en France. En première ligne, les enfants : parmi les moins de 15 ans, un enfant sur trois ne part pas en vacances.
Aujourd'hui, les différentes formules de vacances proposées par les associations portent la marque d'une volonté de diversification, d'innovation et de prise en compte des besoins et des spécificités de chacun. Rompre avec le milieu d'origine en favorisant la mixité sociale par le biais de vacances dans des colonies, des centres aérés ou dans des familles d'accueil ; entretenir le lien familial et social en permettant à des familles de partir enfin ensemble ; permettre à certains de réaliser le voyage de leurs rêves grâce à une aide financière ; ou encore offrir des séjours dans lesquels s'exprime la solidarité intergénérationnelle : les associations ne manquent pas d'imagination pour permettre aux « exclus des vacances » d'accéder à leur droit.
Le Secours Populaire français, par exemple, a permis en 2004 à près de 2 738 enfants d'être accueillis en famille de vacances. D'autres, grâce à l'octroi d'une bourse vacances, sont partis dans des colonies, dans des centres aérés, lors d'une sortie ponctuelle ou de la journée des Oubliés des vacances. Ces différentes formules permettent de satisfaire un droit et des besoins élémentaires : celui de sortir de son quotidien, d'accéder à la culture et de s'épanouir. Ces vacances s'adressent aussi aux familles qui, le temps d'un séjour, peuvent se retrouver, ensemble, loin des soucis qui, le reste de l'année, sèment le trouble dans leurs relations. Pour la Fondation Armée du Salut, qui permet aussi à des jeunes de partir en vacances, « c'est un moyen d'apprendre à vivre avec les autres, de se construire des repères, de découvrir des valeurs fondamentales pour leur vie d'adulte : tolérance, respect des autres et de soi, respect des différences, écoute. Si ces jeunes sont majoritairement issus de milieux défavorisés, nous avons un réel souci de brassage social afin d'éviter la ghettoïsation, et de permettre une vraie coupure avec ce qui se passe pendant l'année ». Plus que des vacances, c'est un moyen de renouer le lien social que proposent ces associations. Si la volonté de rendre l'exclusion moins criante à cette période de l'année est la même, la forme varie selon les associations et les personnes concernées.
Les Enfants de la Terre, association présidée par Marie-Claire Noah, mère de l'illustre joueur de tennis, permet chaque année à des enfants, orientés par des structures sociales, juridiques ou hospitalières, de bénéficier de vacances. Cinq « Maisons-Tendresse » peuvent accueillir chacune une quinzaine d'enfants, durant toutes les vacances scolaires. « Aider les enfants ou adolescents atteints de cancer ou de leucémie à surmonter leur épreuve en les accompagnant vers l'ascension d'un sommet, leur "Everest", symbole de l'espoir retrouvé », telle est la mission que s'est assignée l'association A Chacun son Everest !, créée par le docteur Christine Janin. Des stages d'une semaine à la montagne accueillent entre 15 et 20 enfants ou adolescents âgés de 7 à 18 ans. Ici sont mélangés enfants en cours de traitement et enfants déjà guéris afin de redonner espoir et de montrer que la maladie peut être vaincue. De vraies vacances à visée thérapeutique ! « Les vacances sont un moment où l'on construit des liens. On est dans la nourriture du lien social », affirme Jean-Pierre Bultez, directeur en charge du développement chez Les Petits Frères des Pauvres. L'été 2003, le grand nombre de décès survenus à cause de la canicule a provoqué un électrochoc. Cet épisode a permis de prendre conscience d'une indispensable solidarité envers les personnes âgées isolées. Les Petits Frères des Pauvres n'ont pas attendu cet événement tragique pour agir. Outre les habituelles visites à domicile pour apporter un peu de réconfort aux « vieux amis » qui ne peuvent ou ne veulent quitter leur domicile, chaque année, 1 500 personnes participent à l'un des 130 séjours proposés par l'association. Des séjours qui, en accueillant aussi des personnes dépendantes ou handicapées, témoignent d'une philosophie de mixité intergénérationnelle. Si « les voyages forment la jeunesse, ils forment la vieillesse aussi », note une bénéficiaire. De nombreux bénévoles s'engagent aux côtés de ces associations : en tant qu'animateurs de camps de vacances, comme accompagnateurs lors des journées à la mer mais aussi comme « famille vacances » afin d'accueillir, pour quelques semaines, un enfant chez soi.
Une autre façon de s'engager !
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